En bref
- La RSE d’un traiteur événementiel se joue sur cinq postes : achats alimentaires, gaspillage, déchets et biodéchets, logistique et équipes.
- Les donneurs d’ordre (agences, entreprises, collectivités) demandent de plus en plus des preuves chiffrées dans leurs cahiers des charges, pas des intentions.
- La bonne séquence : mesurer d’abord, prioriser ensuite, documenter tout de suite.
- L’ISO 20121 est l’aboutissement naturel : elle donne un cadre reconnu à ce que vous aurez déjà mis en place.
RSE pour traiteur et restauration événementielle : par où commencer
Vous dirigez une maison de traiteur ou une activité de restauration événementielle, et un client vous a demandé votre démarche RSE dans un appel d’offres. Vous avez de bonnes pratiques, mais rien n’est écrit, chiffré ni prouvable. Ce guide ordonne les chantiers pour que la RSE serve d’abord votre accès aux marchés, pas votre communication.
Pourquoi les donneurs d’ordre interrogent désormais les traiteurs
Une agence événementielle ou une direction de la communication qui organise un événement porte elle-même des engagements RSE. Elle les répercute sur ses prestataires, et le traiteur est l’un des postes les plus visibles : repas, déchets, transport, personnel. Résultat : questionnaires de durabilité, grilles d’analyse RSE des offres, demande de certificats.
La réponse attendue est factuelle : quelle part de produits locaux ou de saison, que faites-vous des surplus, comment sont triés les déchets, quelles preuves pouvez-vous fournir ? Sans données, l’offre perd des points face à un concurrent qui a documenté sa démarche.
Les 5 chantiers RSE d’un traiteur, dans l’ordre
1. Achats alimentaires : connaître ce que vous achetez
Commencez par lister vos dix principaux fournisseurs et la part de produits de saison, locaux ou labellisés. Un tableau simple suffit : produit, origine, fournisseur, distance approximative. C’est la première pièce de preuve qu’un client demandera.
2. Gaspillage alimentaire : mesurer avant de réduire
Pesez les surplus sur trois événements représentatifs (cocktail, dîner assis, buffet). Vous obtenez un ratio de perte par convive, qui sert de base à vos objectifs et à vos dons ou reprises de surplus. La loi impose des obligations de lutte contre le gaspillage aux professionnels de la restauration, mais c’est avant tout un poste de marge.
3. Déchets et biodéchets : le tri à la source
Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets est généralisé à tous les producteurs en France, y compris les professionnels de la restauration. Sur un événement, cela suppose des contenants, un prestataire de collecte et une consigne claire pour vos équipes et pour le lieu.
4. Logistique et matériel : moins de trajets, plus de réemploi
Regroupez les livraisons, privilégiez la vaisselle réutilisable quand le lieu le permet et tracez les kilomètres de vos véhicules. Ce sont des indicateurs simples, déjà exigés par de nombreux clients.
5. Équipes : conditions de travail et formation
Le travail en horaires décalés, les extras et la saisonnalité exposent la profession. Formalisez l’accueil des extras, la prévention des risques et un plan de formation : ces éléments pèsent dans les évaluations de type EcoVadis comme dans l’ISO 20121.
Exemple : ce qu’a mis en place un traiteur événementiel
M Receptions, traiteur événementiel, a obtenu l’ISO 20121 sans aucune non-conformité. Le point de départ était le même que le vôtre : des pratiques réelles, mais dispersées. Le détail est à lire dans le retour d’expérience de M Receptions.
Élément actionnable : la checklist de démarrage en 10 points
- Liste des 10 premiers fournisseurs avec origine et saisonnalité.
- Pesée des surplus sur 3 événements.
- Contenants et collecte de biodéchets identifiés.
- Convention de don ou de reprise des surplus.
- Relevé des kilomètres de livraison par événement.
- Part de vaisselle réutilisable par événement.
- Procédure d’accueil et de sécurité des extras.
- Une personne nommée responsable du sujet.
- Un dossier unique où ranger les preuves.
- Une date de revue avec la direction, deux fois par an.
De la démarche à la certification : le rôle de l’ISO 20121
L’ISO 20121 est la norme de système de management appliquée à l’activité événementielle. Elle a été publiée pour la première fois en 2012, dans le prolongement des Jeux olympiques de Londres, et elle demande de piloter vos impacts et vos engagements dans la durée. Si vous avez déroulé les cinq chantiers ci-dessus, vous avez déjà la matière d’un système de management. Pour le cadre complet, consultez notre page sur la démarche de certification ISO 20121 pour un traiteur ou un prestataire événementiel, le guide des exigences clause par clause et la méthode d’audit interne ISO 20121.
Comment Intersektion vous aide
Faire seul est possible sur un site et un petit nombre d’événements. L’autonomie bute quand les événements se multiplient : preuves dispersées entre Excel et messageries, plusieurs référentiels à alimenter (EcoVadis, ISO 20121, questionnaires clients), relances des équipes. Intersektion centralise ces éléments dans une seule base : vous importez vos documents existants, l’IA en extrait indicateurs et actions, et vous retrouvez vos preuves prêtes pour l’audit. Voir le logiciel RSE Intersektion.
FAQ
Par où commencer la RSE quand on est traiteur ?
Par la mesure : liste des fournisseurs, pesée des surplus et tri des déchets sur quelques événements. Ces données alimentent ensuite vos réponses aux appels d’offres.
Un traiteur doit-il trier ses biodéchets ?
Oui. Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets concerne tous les producteurs, dont les professionnels de la restauration.
L’ISO 20121 est-elle obligatoire pour un traiteur événementiel ?
Non, elle est volontaire. Elle devient un atout commercial quand vos clients demandent une preuve de management responsable.
Quelles preuves fournir à un client qui interroge ma démarche RSE ?
Des données datées : origine des achats, ratio de gaspillage par convive, kilomètres de livraison, contrat de collecte des biodéchets et procédure d’accueil des extras.
Peut-on se passer d’un consultant ?
Oui pour le démarrage, avec une méthode claire. Le consultant apporte du temps, l’outil apporte la traçabilité ; les deux ne s’excluent pas.
Conclusion
Commencez petit, mesurez, rangez les preuves au même endroit : en trois mois, vous répondrez aux cahiers des charges avec des chiffres. Pour structurer la suite, échangez avec l’équipe Intersektion ou lancez le diagnostic ESG gratuit.